L'inconscient

L'homme a pour habitude de se vivre comme étant le maître en son âme. Il surveille, il contrôle, il a le pouvoir de décision, il est aux commandes. Il gère son moi, ses pensées, ses sentiments et ses actions. Tant que règne un certain équilibre entre pensées, sentiments, actions d'un côté et exigences, volonté et valeur de l'autre, il voit confirmée l'illusion selon laquelle rien ne lui échappe "en son âme et conscience". Il ordonne ce qu'il accomplit et il s'en trouve satisfait. Il a le sentiment de maîtriser ses pensées et ses désirs, et il est persuadé d'en connaître les moindres d'entre eux et de savoir comment les traiter.

D'où son étonnement et son sentiment d'impuissance dès lors que les choses ne se passent plus de manière aussi fluide. Qu'il se sente mal à l'aise dans son fort intérieur sans raison apparente, qu'il soit assaillit de pensées malvenues de manière répétitive et sans moyen d'action par la volonté propre, ni par la raison logique, pas plus que par les objections de la réalité, qu'il se sente la proie de réactions hors de propos ou démesurées, ou qui "ne lui ressemblent pas" en ce sens qu'elle ne correspondent pas à ce qu'il estime être représentatif de lui-même parce qu'en adéquation avec ses valeurs, il se retrouve alors en position de redouter ses propres productions psychique, de les combattre ou de les dénier, cherchant à s'en défendre, bloquant dans la même occasion des capacités dont il jouissait jusque-là librement et harmonieusement, ou créant des symptômes dont il ignore l'origine.

La psychanalyse rend à l'homme ce qui lui est si cher, sa responsabilité, et donc ses moyens d'action quant à sa vie psychique en considérant que son symptôme, ce dont il se plaint parce qu'il en souffre, est le résultat de ses propres compromis, de ses rejets, de ses refus, face à une part de lui-même qui demandait à être entendue et contre laquelle un conflit s'est levé.

Mais de tout cela peu arrive à la conscience, jusqu'à l'apparition de ce symptôme encombrant qui monopolise une grande partie de l'attention consciente, poursuivant dans le même temps l'action de rejet des raisons de son existence, puisque la volonté est celle de le faire disparaître.

L'enfant

Si vous avez attendu, même longtemps (n'oublions pas que c'est toujours relatif) pour vous décider à consulter un « psy » pour votre enfant, vous avez eu raison. Il n'est pas question d'amener son enfant chez le psy au premier accident de parcours : la plupart du temps, grâce à votre amour, votre bon sens et ses propres capacités, et dès l'instant où vous lui en laissez le temps, il finira par se libérer naturellement de cette difficulté passagère. Pour autant, il ne s'agit pas non plus de passer à côté d'un obstacle conséquent, envahissant et source de nouveaux problèmes.

Les enfants doivent être aussi bien informés que possible, pour pouvoir donner leur accord avant de venir en consultation. Cet accord sera renouvelé lors de chaque séance. Selon son âge il devra être plus ou moins impliqué réellement dans la démarche.

Les adolescents viennent parfois pour faire plaisir à l'adulte qui le lui demande. Quand c'est le cas, la ou les premières rencontres le mettent en évidence et, là aussi, il est difficile de réaliser un travail satisfaisant sans cet accord qui, mieux qu'un accord, peut-être  pour l'adolescent  une volonté réelle de faire quelque chose pour lui-même, parce que quelque chose le gêne dans sa vie quotidienne.

La capacité à s'interroger

Tout individu porte en soi les compétences pour s'interroger sur son propre mode de fonctionnement. Nous croyons parfois qu' il est plus facile d'observer autrui. En apparence seulement puisque cela reste une interrogation inutile dans le sens où le changement ne peut venir que chez celui qui le souhaite et qui y est prêt. Il est peine perdue d'envoyer son conjoint chez le psy. Même pour une thérapie de couple, la volonté commune de partager cette aventure est requise. En revanche, il est toujours possible d'avancer dans sa propre évolution. Chemin faisant, il est fréquent de voir les ondes énergétiques de nos modifications agir alentours. Mais cette conséquence  ne saurait être une fin en soi. Nos questionnements nous appartiennent. A chacun d'en suivre le fil jusqu'où bon lui semble.
 
Chacun possède en interne les réponses à ses questionnements. Ainsi, tout le monde porte en soi la capacité à s'interroger et à évoluer. Cela implique d'accepter de cesser d'attribuer la responsabilité de nos difficultés, de nos maux, de nos malheurs, à une tierce personne, quelle qu'elle soit: parent, enfant, conjoint, collègue de travail, supérieur hiérarchique, ami, voisin, voire même la société toute entière, l'état, etc. Ce positionnement nous rend notre responsabilité, et avec elle nos moyens d'action. Car chaque fois que quelque chose ne dépend pas de nous, nous n'avons d'autre solution que celle de subir et d'attendre. Réintégrer notre part de responsabilité nous amène à nous poser les bonnes questions pour ainsi sortir de l'inertie et de la victimisation.

La psychanalyse est une discipline inventée par Freud au début du XXe siècle. Ses principaux leviers sont la parole mais aussi un certain nombre de mécanismes qui se jouent dans la cure: analyse et interprétation du transfert, des rêves, des actes manqués; le déroulement de la cure entraîne l'inconscient de l'individu dans une traversée nouvelle de ses stades d'évolutions, stades qui sont communs à l'ensembles des être humains, mais dans lesquels chacun a imprimé son histoire personnelle, avec à la clé des points d'ancrage, des retours en arrière, des dysfonctionnement de tous ordres. Le chemin de la cure permet de revisiter ces différentes périodes, tout en restant centré sur le présent. Le travail agit dans l'inconscient. Par conséquent, il n'est pas question ici de se forcer à changer ce qui ne nous convient pas, mais plutôt d'observer, parfois à postériori, après un temps nécessaire de perlaboration, des modifications qui ont eu lieu en silence et sans demander de fournir consciemment des efforts de volonté.

 
L’être humain, être de langage :
La psychanalyse passe avant tout par la parole – et l’écoute. La parole de l’analysant, mais pas seulement ; celle de l’analyste aussi, qui est là pour interpréter les manifestations inconscientes de l’analysant, grâce notamment à une écoute singulière de son discours. Le travail de la cure analytique consistant à rendre conscient ce qui ne l’est pas afin de permettre les déblocages psychiques, le déverrouillage de situations parfois imbriquées, les prises de consciences finalement qui amènent, au rythme propre à chacun, à une évolution progressive, dans le contexte de séances contenues dans un cadre précis.

Le Couple

Aujourd'hui, le couple a souvent intérêt à se porter bien et sans trop d'ombre au tableau, faute de quoi il court le risque de se voir relégué au statut de simple souvenir. Pourtant le nombre croissant de demande de thérapie de couple est indicateur d'un désir de le voir durer dans le temps. Quoi qu'il en soit, quand un couple prend la décision de démarrer une travail thérapeuthique, en général, c'est qu'il estime avoir tout essayé, et c'est bien souvent avec le sentiment de tenter le tout pour le tout que l'un des deux éléments du couple décroche son téléphone.

Mésentente, jalousie, incapacité à communiquer, désaccords, crises de colère, éloignement, pleurs, attente excessive, non dit, relation fusionnelle, etc. La liste n'en finit pas des raisons qui menacent le quotidien. Là où régnait l'amour, les reproches affluent et c'est l'escalade. Il est ensuite difficile de dépasser ces mécanismes de défense une fois qu'ils sont installés dans la relation.

Un couple est une entité, un élément en soi, et il est aussi un ensemble de deux éléments distincts. Souvent plus, si l'on tient compte des enfants et parfois même des personnes de la famille qui peuvent avoir une part importante dans la vie du couple. De plus, chaque personne porte en elle un côté masculin, un côté féminin, ainsi qu'un grand nombre de ses aîeux, qui jouent aussi leur rôle, de façon très inconsciente, dans la vie de chacun.
Un couple, c'est aussi un lien avec un autre au plus intime de soi. Psychique, mental, physique; sur tous les plans et au quotidien.

Ainsi, la relation de couple renvoie chacun à cette autre relation connue: celle de l'enfance, avec ses parents et sa fratrie. 

Les interférences ne manquent pas entre les problématiques de l'un et celles de l'autre, miroirs réciproques autant qu'écrans de projections.

Compte tenu de tous ces paramètres, il est compréhensible que nos difficultés puissent facilement venir se cristalliser sur ce lien affectif.

La démarche est porteuse de faire appel à un élément extérieur. Les deux partenaires doivent être motivés et mus par un désir commun. Cette question est systématiquement soulevée dès le premier rendez-vous.

Pour mettre toutes ses chances de son côté, il est important de mettre en place un "dispositif" complet. C'est la raison pour laquelle je propose systématiquement aux couples de prendre les choses indépendamment les unes des autres, à savoir instaurer des séances individuelles pour chacun des membres du couple et des séances où le couple est réuni. Le rythme est choisi en fonction des données temporelles et financières des demandeurs. La durée varie suivant les attentes de chacun.